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Romas Kalanta et le Monastère de Pazaislis

Après notre dernière journée à Nida, nous avons pris l’autobus pour Kaunas pour une courte escale d’une journée et demie. Celle-ci a été consacrée en grande partie à la visite guidée animée par une gentille dame, professeur d’anglais, qui connaissait très bien l’histoire de sa ville. Elle nous a fait visiter les principaux lieux touristiques, expliquant très bien l’intérêt de chacun.


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 Un artisan du sable reproduit les principaux bâtiments historiques de la ville - Photo Danielle Bernard

Il y a beaucoup de similitudes entre Kaunas et toutes les autres villes que nous avons visitées jusqu’à maintenant : long passé historique, patrimoine architectural et culturel de très grande qualité, mais également blessures du XXe siècle encore très présentes, héritage culturel bafoué, laissé à l’abandon pendant des décennies. Toutefois, même si le portrait est souvent semblable, il n’est jamais identique. Dans chaque ville, un contexte particulier, une histoire dont les gens se souviennent…

 

Une vie sacrifiée

À Kaunas, le sacrifice d’un jeune homme m’a particulièrement touché. C’est celui de Romas Kalanta. En 1972, il avait 19 ans et allait à l’université, comme moi. Le 14 mai, à midi, il s’arrose de trois litres d’essence et s’immole pour protester contre l’occupation de la Lituanie.


Romas Kalanta a posé son geste sur l’allée de la Liberté, devant l’édifice où un gouvernement fantoche avait officiellement demandé en 1940 la création de la République socialiste, soviétique de Lituanie et son adhésion à l’URSS.

 

Pour éviter tout malentendu, le jeune homme avait laissé à côté de lui un carnet sur lequel il avait inscrit le message suivant :  « Dėl mano mirties kaltinkite tik santvarką », c’est-à-dire, « Seul le régime est responsable de ma mort ».

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 Le château de Kaunas - Photo Danielle Bernard

Le carnet ne fut rendu public que 50 ans plus tard, à l’indépendance de la Lituanie. Malgré tout, le geste de Romas provoqua des manifestations en sa faveur dans les jours qui ont suivi.


Les Lituaniens n’ont pas oublié le geste courageux de Roman Kalanta. À l’endroit même où il s’est immolé, on a aménagé un parc qui illustre le feu qui l’a emporté et les étincelles qui ont rejailli autour de lui. Bien que l’indépendance ait été rendue à la Lituanie près de vingt ans plus tard, son  geste a certainement été d’une grande inspiration pour ses compatriotes.


Une marche qui en vaut la peine

Après la visite de la vieille ville de Kaunas, notre guide nous a proposé d’aller visiter un monastère en périphérie. Pour se rendre, il fallait aller à la limite d’un circuit d’autobus et de là marcher un kilomètre de plus pour rejoindre la fameux monastère. Je vous avoue que j’étais un peu sceptique. Dans ce voyage nous avons vu plusieurs églises et je ne voyais pas nécessairement l’intérêt de parcourir une si longue distance pour en voir une autre. Mais sans nous dire pourquoi, notre guide semblait y tenir.


Au bout de notre marche, il y avait le Monastère de Pažaislis. Ce dernier forme avec l’église qui le jouxte, le plus important ensemble monastique de Lituanie. Il est aussi un des plus beaux exemples d’architecture baroque de l’Europe.


Les Camaldulès

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 Le Monastère de Pažaislis - Photo Danielle Bernard

Le Monastère de Pažaislis a été créé en 1662 pour l’ordre des ermites Camaldulès. Il a été fermé en 1832 par les Russes puis converti par la suite en église orthodoxe. En 1920, l’église en mauvais état suite à la Première guerre mondiale est restituée aux catholiques et confiée aux Sœurs du couvent de Casimir, dont la dirigeante provient de Chicago. Après 1945, les Soviétiques font du monastère un centre d’archives, un hôpital psychiatrique et une galerie d’art. En 1990, le monastère est remis aux Sœurs de Saint-Casimir qui l’occupent encore aujourd’hui.


La cathédrale est vraiment très belle. De magnifiques peintures ornent les murs et les plafonds. À l’extérieur, plusieurs petits bâtiments accueillent les sœurs qui peuvent ainsi vivre dans le silence prescrit par les règles de la communauté. La sacristie vaut également le déplacement. On peut visiter également sur le site un musée qui rappelle l’histoire du monastère, des Camaldulès et des Sœurs de Saint-Casimir.  L’ensemble est entouré de jardins qui permettent  non seulement de nourrir les religieuses mais également les moins fortunés de la région.


Nous sommes sortis de cette visite tout à fait ébahis par la beauté des lieux. Franchement, ça valait le détour.

 

Sources complémentaires

 

Gilles, la Lituanie, la Lettonie, l'Ukraine, etc.

Wikipédia - Le Monastère de Pazaislis


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